Interviews de Yuu Watase
Il existe plusieurs interviews de Yuu Watase comme on peut s’en douter. Mes connaissances en japonais étant bien trop limitées, je serais incapable de traduire celles que je possède dans cette langue. Néanmoins si vous, vous savez que vous pouvez le faire, n’hésitez pas à me contacter pour que je vous fournisse l’interview en japonais.
Shônen Sunday (2010)
Shônen Sunday est un magazine de prépublication américain spécialisé dans les shônen. Il appartient à la maison d’édition Viz. Début 2010 est apparue une interview, en anglais, de Yuu Watase. Elle est surtout axée sur Arata Kangatari. Elle ne contient pas de spoiler.
Compte tenu de votre succès mondial avec le genre shôjo, qu’est-ce que spécifiquement dans le genre shônen vous a donné envie de travailler sur un shônen comme Arata Kangatari ?
Je voulais essayer les possibilités de réaliser quelque chose de différent de ce que j’avais fait jusque là. Les shôjo manga vont avoir inévitablement un accent sur la romance, et j’ai senti qu’il y avait des limites à créer des histoires centrées autour de cela.
Y avait-il un style artistique différent que vous vouliez essayer ou des thèmes que vous vouliez explorer et que vous n’auriez pas pu faire avec le shôjo ?
J’ai mis au point un style graphique et découpage plus clairs. C’est facile à dessiner. J’ai juste eu à écrire sur les thèmes des liens qui unissent les gens, essentiellement sur l’amitié.
Quels sont les challenges que vous avez vécus en écrivant sur Arata Kangatari auxquels vous ne vous y attendiez pas ? (Ou tout a été sans accroc ?)
Il y a le fait de travailler avec la présentation et la structure d’un format hebdomadaire. Jusqu’à maintenant, j’avais beaucoup de pages sur lesquelles je pouvais travailler pour prendre mon temps pour construire l’histoire. Je vais devoir apprendre cela maintenant.
(NDT : Au Japon, Arata Kangatari est prépublié dans le Weekly Shônen Sunday qui est donc hebdomadaire. Toutes les semaines un chapitre de la série y est prépublié. Rien à voir avec le rythme anémique de Fushigi Yugi Genbu Kaiden. Même si dans le cas d’Arakan, les chapitres sont plutôt courts.)
Les brimades entre élèves tendent à se produire dans vos histoires (et c’est assez crucial pour le personnage d’Arata Hinohara). Y a-t-il un message à propos de la persécution que vous voulez passer à travers vos manga ou c’est plus une peinture de ce qu’il se passe dans les écoles au Japon ?
Même moi, je ne sais pas quelle est la situation actuelle dans les écoles, mais quand des personnes en attaquent d’autres sur un plan national, cela devient la guerre. Sur un niveau individuel, quand le harcèlement peut conduire à la mort, c’est quelque chose qui doit être adressé à travers le monde et ce, peu importe la période.
Préférez-vous un Arata à l’autre ? Si oui, pourquoi ?
Arata Hinohara. Je me projette en lui, et contrairement à Arata qui est déjà « à terme », Hinohara a le potentiel de bien grandir caché en lui. J’ai hâte de le voir devenir de plus en plus fort.
Quel est le personnage que vous préférez dessiner jusqu’ici ? Qu’est-ce que qui fait que vous aimez tant ce personnage ?
Kannagi. Il n’était pas un personnage auquel j’avais vraiment réfléchi, mais étonnamment, il peut facilement être sérieux et comique. il est facile à dessiner parce que c’est comme s’il avait sa propre vie.
Quelles sont vos inspirations artistiques concernant le look des différents hayagami ? En avez-vous un favori ?
En fait, je regarde des documents de référence pour les armes venant du monde entier, mais je les crée en ayant en tête l’image de chaque personnage et leur fonction. Mon préféré est… Orochi. Je crois que j’ai été capable de reproduire ma vision de douleur et de malheur.
(NDT : Les hayagami sont des armes spéciales dans la série. Orochi apparaît dans le volume 5).
C’est intéressant de voir à la fois le monde moderne et le monde mythique vivre ensemble dans Arata Kangatari. Est-ce que vous préférez écrire des histoires qui se déroulent dans un cadre moderne ou bien dans un mythique ?
Actuellement, je préfère un monde moderne où des évènements fantastiques peuvent se produire. Mais s’il n’y a rien de tel, alors un cadre moderne est trop commode et sans intérêt.
Planifiez-vous l’histoire d’Arata Kangatari longtemps en avance ou selon un rythme semaine par semaine ? N’êtes-vous jamais confronté à l’effet page blanche ?
J’écris avec deux à trois volumes en avance en tête. Du coup pour chaque chapitre, j’y réfléchis de manière à pouvoir envoyer l’histoire vers ce point précis.
Quand vous travaillez sur Arata Kangatari, quel type de musique ou d’émissions de télé avez-vous en fond sonore pour vous mettre dans l’ambiance et l’humeur créatives ? (Ou préférez-vous le silence ?)
Je crée les histoires à partit de musique, donc la musique qui correspond à ma vision de la série est essentielle. J’écoute souvent de la musique de jeux vidéos possédant des instruments japonais traditionnels réalisée par des artistes comme Rin et Yuki Kajiura.
Quels sont vos passe-temps en dehors du travail ?
Regarder des films. Je suis très attirée par la composition et la production des vidéos et du cinéma. Je n’ai guère le temps, mais je préfère voir des films au cinéma autant que je peux. Je suis également intéressée par les commentaires de production. Je peux apprendre à partir d’eux and j’aime connaître des choses sur ce sujet.
Avez-vous actuellement un manga préféré que vous lisez pour le plaisir ?
Non, pas un en particulier. Je n’ai pas l’occasion de lire les travaux des autres mangaka… J’ai déjà les mains remplies par mon propre travail.
Si vous réfléchissez à toutes les séries sur lesquelle vous avez travaillé, laquelle vous rend la plus fière et qui a une place spéciale dans votre coeur ?
Mon travail le plus réprésentatif est Fushigi Yugi, qui est désormais connu un peu partout dans le monde. Sakura Gari est pour moi une série à part dans mon coeur, elle vient d’ailleurs de se terminer (NDT : Au Japon évidemment, il reste un volume à paraître en France). L’histoire et la manière dont elle est dépeint sont extrêmes, de ce fait elle n’a pas été publiée dans de nombreux pays. Mais en terme de dessin et de découpage, je sens que j’ai été capable de m’exprimer tout simplement sans retenue. Je l’ai créée comme un drame humain avec un thème qui met en avant certains problèmes. Ce fut un point tournant pour moi en tant qu’auteur, et à partir de là, je voudrais utiliser ce que j’ai gagné grâce à cette série et l’intégrer dans le processus de création de mes autres séries comme Arata Kangatari.
Traduction de l’anglais en français par mes soins. Interview originale.




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