Ayashi no Ceres
| + série en 14 volumes + publiée entre 1996 et 2000 + artbook + série tv + romans + disponible en France |
Yuu Watase avait eu l’idée d’Ayashi No Ceres dès sa troisième année de lycée, mais dans un style plus horrifique. La publication dans le Sho-Comi a demandé une version « adoucie ». Cependant Watase a tout de même cherché à conserver un ton plus dur que pour Fushigi Yugi, espérant toucher les adultes également. Voilà pourquoi les sujets abordés, même si la mise en scène est encore très shôjo, sont sérieux et matures. La mangaka s’intéresse aussi aux sciences, ce qui lui a permis d’approfondir sérieusement ses recherches dans le domaine de la biochimie et de la génétique, apportant une certaine crédibilité à son histoire fantastique.
Fort du succès de la version papier, une série TV de 26 épisodes a été réalisée en 2000 par le Studio Pierrot. Personnellement, je trouve cet anime très moyen et il est largement dispensable. L’histoire est raccourcie, quitte à ce qu’il ait des zones d’ombre, des personnages ont disparu ou sont presque absents (Shuro entre autre) et on se focalise exclusivement sur Aya et Toya. Quant au chara-design et à l’animation, c’est plus que moyen. Seule la bande son sauve le tout.
L’anime est disponible en France chez Dynamic Vision depuis 2004. Il y a six DVD’s en tout et pour tout.
Comme pour Fushigi Yugi, des romans axés sur Ayashi No Ceres ont vu le jour. Il en existe six, écrits par Megumi Nishizaki et illustrés par Yuu Watase. Ils racontent la plupart du temps des histoires annexes relatives aux personnages ou bien alors la suite de l’histoire pour les trois derniers.
histoire
Aya Mikage est une jeune fille enjouée et vivante qui trouve la vie monotone. Elle aimerait un peu de nouveauté, mais elle va très vite regretter ce souhait inconsidéré. Ses seize premières années de bonheur serein, en compagnie de son jumeau Aki, vont soudainement tourner au cauchemar. Convoqués par la famille pour leur anniversaire, ils vont voir leur destin bouleversé. A l’âge de seize ans, tous les enfants de la famille Mikage doivent être confrontés à une main momifiée, relique de la nymphe Ceres, leur ancêtre. Celle-ci, contrairement à la légende, n’a pas pu regagner le ciel et cherche à se réincarner pour récupérer son précieux mana, sa « robe de plumes », et surtout à détruire sa progéniture. Aya possède un génome proche de celui de la nymphe, ce qui permet à celle-ci de prendre possession de son corps. Terrifiée par son immense pouvoir naissant, toute la famille cherche à la tuer, tout en protégeant Aki, dans lequel l’ancêtre humain, ayant épousé Ceres et lui ayant volé sa liberté s’est incarné. Aya se retrouve abandonnée de tous ses proches face à ce terrible destin. Elle doit rechercher le mana de Ceres pour espérer sauver Aki et recouvrer son humanité, tout en déjouant les affreuses expériences que pratique son cousin Kagami, obsédé par la nymphe et par un traumatisme de son enfance. Aidée et soutenue par de nombreuses personnes impliquées dans cette sordide histoire, elle va suivre un chemin difficile, mais aussi trouver l’amour en la personne de Toya, un beau jeune homme amnésique qui cherche à percer le mystère de son lourd passé.
illustrations
Il existe de nombreuses images d’Ayashi No Ceres. La section de l’artbook devrait répondre à vos attentes ^.^
critique
Autre création de Yuu Watase, l’histoire de Cérès, la nymphe céleste prolonge la symbiose des genres que maîtrise Yuu Watase dans une nouvelle aventure de science fiction passionnante. S’élevant à différents niveaux de perception et de réflexion, elle laisse le choix entre le divertissement romanesque mouvementé et l’analyse sociologique sur l’avancée des sociétés et des comportements, entraînés par le poids des traditions ou de la soif de pouvoir. A moins de vouloir retirer un peu des deux et de se laisser porter par le plaisir visuel et l’intelligence de l’œuvre.
Difficile de se découvrir réincarnation d’une nymphe céleste, autrefois violée par un humain, quand on est une adolescente plein de vie et d’amour. L’involontaire menace que vous représentez vous transforme en cible pour ceux qui, croyez vous, formaient votre indissociable famille. Violence et mort commencent à vous entourer. Heureusement, il se trouve toujours de bonnes âmes pour vous prendre sous leur aile et vous aider à essayer de démêler la situation. Seul hic : l’amour vient tout bouleverser. L’amour qu’un garçon formidable vous porte, autant que celui que vous portez à un obscur tueur à gage qui est peut-être plus sensible qu’il n’en a l’air…
Avancées scientifiques contre tradition. Certitudes et hésitations. Amour raisonné ou bien passionnel ? Les oppositions abondent dans Ayashi No Ceres. Pour le plus grand bonheur de tous, car les sujets sont traités avec subtilité et un humour omniprésent, signature de Yuu Watase, qui aère l’œuvre tout autant que la réalisation, assurément dynamique et de très grande qualité, démontrant une progression impressionnante d’une de celle qu’on peut désormais placer au panthéon des mangaka.






