Alice 19th
| + série en 7 volumes + publiée entre 2001 et 2003 au Japon + disponible en France |
Après avoir délaissé le style fantastique (Fushigi Yugi), voire parfois horrifique (Ayashi No Ceres) pour Imadoki, Yuu Watase le reprend pour sa nouvelle série Alice 19th. On peut y voir une certaine ressemblance avec le roman « Alice au pays des merveilles » de Lewis Caroll avec la présence d’un lapin blanc et le prénom de l’héroïne mais la similitude s’arrête plus ou moins là.
histoire
Alice Seno est une jeune fille timide et plutôt solitaire. Elle a énormément de mal à s’exprimer et manque terriblement de confiance en elle. Ce trait de caractère est renforcé par la présence de sa grande sœur Mayura. Cette dernière est l’idole du lycée. Elle est belle, elle arrive tout ce qu’elle entreprend, elle plaît à tout le monde… Même les parents des deux filles Seno montrent sans ambiguïté leur préférence pour l’aînée. Alice est toujours par conséquent « la petite sœur de Mayura ».
Un matin, alors qu’Alice part à l’école, elle voit sur la route un lapin blanc. Personne ne bouge pour le sauver, personne sauf Alice. Or cette dernière oublie qu’elle se trouve sur la route ! Heureusement Kyô Wakamiya est là pour les sauver tous les deux. Alice est amoureuse en secret de Kyô depuis qu’elle l’a vu au club de kyûdo (tir à l’arc japonais). Ce dernier est un ami de Mayura. Alors qu’Alice et Kyô partent acheter des carottes au lapin, celui-ci s’enfuit mais laisse un bracelet sur son passage…
De retour à la maison, Alice apprend que Mayura aime Kyô et qu’elle compte lui avouer ses sentiments le lendemain. Notre héroïne pense alors qu’elle n’a plus aucune chance. Kyô finira par accepter de sortir avec Mayura grâce à Alice. C’est à ce moment là qu’Alice rencontre de nouveau le lapin, Nyozeka. Cet animal n’est pas ordinaire puisqu’il parle ! Nyozeka lui apprend qu’elle est un « lotis master », c’est-à-dire qu’elle a le pouvoir de contrôler les mots.
Malheureusement, Mayura découvre qu’Alice aime Kyô. Au départ elle ne dit rien, elle cherche simplement un petit ami pour sa soeur. Toutefois, elle va se rendre compte que Kyô possède de profonds sentiments pour Alice. Mayura la blesse alors en lui tenant des propos très méchants et Alice lui répond : « Je te déteste ! Disparais » Sans le vouloir, Alice utilise ses pouvoirs de « lotis master » et Mayura disparaît, aspirée par les ténèbres. C’est donc à Alice de sauver sa sœur en la faisant revenir grâce au lotis. Pour mener à bien sa quête, elle peut désormais compter sur ses nouveaux amis.
illustrations
Etant donné que de nombreuses illustrations sont disponibles pour Alice 19th, elles ont toutes été déménagées dans la galerie principale du site.
critique
C’est sur un fond d’histoire de magical girl que miss Watase raconte la vie d’une jeune fille qui tente de trouver sa voie et de réussir à se faire entendre par les autres. Le sujet d’Alice 19th est la mise en évidence du pouvoir des mots. En même temps, ce manga a pour thème la communication. A l’heure d’aujourd’hui les gens sont beaucoup plus repliés sur eux-mêmes qu’autrefois. La communication passe souvent par un ordinateur ou un téléphone portable. Watase veut par conséquent nous faire comprendre que le dialogue en « tête à tête » est la meilleure des armes, rien ne vaut un moment passé à discuter ensemble. Toutefois, Yuu Watase ne s’arrête pas au problème de communication. Avec Alice 19th, elle traite aussi de problèmes concernant des adolescents et même certains adultes. Avec son héroïne, Watase montre que l’on a toujours la capacité de s’exprimer, de s’affirmer. Il faut juste l’employer à bon escient, pour ça, il faut d’abord croire en soi-même.
Comme dans tout shôjo qui se respecte, Watase nous sort une jolie petite d’histoire d’amour. Certes, en lisant le premier tome on se doute de la fin mais ce qui se révèle intéressant c’est de savoir comment nos deux héros vont arriver à surmonter les obstacles. Il est quand même vrai qu’il serait sympa de faire quelque chose qui sorte de l’ordinaire, oublier un peu le triangle amoureux et oser quelque chose de nouveau.
D’un sujet plus mature que Fushigi Yugi ou Imadoki, Alice 19th possède néanmoins la marque de fabrique de la mangaka. On y retrouve un scénario assez dramatique mêlant amour, humour et fantastique, ainsi que quelques personnages charismatiques. Son récit peut alors se lire à plusieurs niveaux. L’amateur d’énigme cherchera à percer le mystère ou le pouvoir du Lotis, le passionné de tragédie comptera les morts et se délectera de la souffrance des protagonistes. Le fanatique des belles histoires d’amour, lui, est comblé puisqu’en plus des problèmes de coeurs mouvementés de l’héroïne, de nombreux personnages vivent des passions souvent tragiques mais surtout très variées, ce qui les rend très touchant.
Malheureusement, Yuu Watase a gâché le potentiel d’Alice 19th dans ces derniers tomes. Comme souvent, les personnages secondaires sont beaucoup trop secondaires et à peine effleurés. C’est bien joli de se focaliser sur Alice et Kyô mais il y a beaucoup d’autres protagonistes qui auraient mérité un petit peu plus d’attention. Par ailleurs, la fin est bâclée. Tout va beaucoup trop vite, alors que les premiers tomes traînaient un petit peu en longueur, on dirait que Yuu Watase s’est rappelée que la série ne devait durer que sept tomes. Le rythme de la série est donc très bancal, beaucoup trop.
En bref, une série sympathique mais loin d’être extraordinaire.





